Après une année d’exploitation d’un chauffage solaire utilisant des radiateurs classiques je me suis rendu compte (ou plus exactement j’ai enfin compris) qu’il fallait que l’eau soit chaude pour pouvoir être réellement utilisée par un radiateur et que c’était un peu difficile pour du solaire ou du moins que cela en limitait les performances.

Je suis tombé sur la présentation d’Erick Beaujard expliquant la façon qu’il avait eu de faire des murs chauffants. J’ai été très séduit et je me suis lancé à l’eau.

Vous allez voir que ma réalisation n’est pas fondamentalement différente de la sienne, j’ai surtout essayé d’ajouter quelques éléments qui m’ont manqués dans cette première publication d’expérience.
 
 


SOMMAIRE

1Principe et avantages des grandes surfaces chauffantes. 2

2Conception. 3

2.1Calculs. 3

2.2Quelques règles en vrac pour le dessin du serpentin. 5

3Choix des différents matériaux. 7

3.1Tuyau. 7

3.2Entretoises. 7

3.3Placo. 8

3.4Plâtre. 8

3.5Divers / outils. 9

4Réalisation. 9

4.1Le film.. 9

4.2Pose d’étagère. 17

4.3Les coûts. 19

5Performances et autres chiffres. 19

5.1Gains. 19

5.2Utilisation de l’inertie des murs. 20

6Conclusion. 20

1 Principe et avantages des grandes surfaces chauffantes

Un élément chauffant dissipe  une puissance qui est essentiellement proportionnelle au produit de sa surface par l’écart de température entre lui et la pièce chauffée.
Donc, à puissance de chauffage constante, si on veut pouvoir diminuer la température du moyen de chauffage il faut en augmenter la surface. On peut ajouter des ailettes aux radiateurs ce qui en augmente la surface ou passer au stade au dessus c'est-à-dire utiliser tout ou partie du plancher ou des murs pour avoir vraiment une grande surface.

Les premiers radiateurs nécessitaient une eau à 90°, les radiateurs modernes tournent autour de 60-70°. Un plancher (ou un mur chauffant) utilise de l’eau entre 30 et 40°.
 
 

Pourquoi vouloir une basse température ? Parce que cela limite les pertes dans la chaudière et éventuellement dans les tuyaux. C’est par ailleurs indispensable pour les chaudières à condensation. Dans le solaire plus l’eau est tiède plus on peut en produire. Une installation qui produit 1kWh d’eau à 50° en produirait quasiment le double à 30° c'est-à-dire que vous vous chaufferez pendant 1 heure avec un radiateur ou pendant 2 heures avec un mur/plancher chauffant.
 
 

De plus, qu’il s’agisse de mur ou de plancher l’habitant bénéficie de l’effet de rayonnement de la surface chaude. C’est cet effet que l’on ressent lorsque l’on est devant un feu : il fait chaud devant et vous avez froid dans le dos alors qu’objectivement la température est la même devant ou derrière vous.

Une maison équipée de plancher ou mur chauffant peut ainsi abaisser la température ambiante de 1 à 2° sans perte de confort. Pour mémoire une température intérieure de 1° de plus fait consommer 10% de plus d’énergie.
 
 

Pour une surface chauffante on trouve en général deux constituants :

Planchers et murs modernes ont  beaucoup changé. Leurs températures de surface dépassent difficilement les 30°. Quand on pose la main dessus on a beaucoup de mal à croire qu’il y a un chauffage, il faut pouvoir comparer à une zone non chauffée pour s’en persuader !

 
 

Un mur chauffant n’est jamais qu’un plancher chauffant qui s’est mis debout ! Le plancher est sûrement la meilleure solution en construction neuve mais le mur a évidement un grand intérêt en rénovation. J’ai une vielle maison et pas le courage de défoncer la dalle c’est donc à la deuxième solution que je me suis intéressé.
 
 

La publication sur le site de l’APPER de l’expérience d’Erick Beaujard m’a fait sauter le pas.
 
 

2 Conception

2.1 Calculs

L’idée de noyer des tuyaux dans du plâtre étant acquise, et avant de passer à la phase de réalisation, plusieurs questions restaient sans réponse dans mon esprit.
Concernant la première question on trouve généralement « autant que de surface de plancher dans la pièce à chauffer». Avec le recul de quelques mois que j’ai acquis cela ne me semble pas idiot du tout pour les pièces à vivre mais on peu réduire dans les chambres. J’ajouterais que pour un confort parfait (et dans la mesure du possible) il serait mieux d’équiper 2 murs en vis-à-vis (à case de l’effet de rayonnement exposé en introduction).

 
 

Pour les deux autres questions je n’ai trouvé de réponse nulle part je me suis donc plongé dans la théorie des planchers chauffants (http://pagesperso-orange.fr/herve.silve/plancher_chauffant.htm en particulier). J’ai fini par me faire un tableau Excel spécialement adapté aux murs en plâtre et en particulier au fait qu’un mur chauffant a le plus souvent 2 faces contrairement aux planchers.

Ce que j’ai compris des compromis à réaliser :

A surface de mur égale :

La vitesse du liquide dans le tuyau doit être :

·Suffisamment grande pour que l’eau échange bien la chaleur avec le tuyau (écoulement turbulent)

·Suffisamment faible pour éviter le bruit (?) mais surtout les pertes de charge que l’on doit limiter à moins de 2m (HCE) pour rester dans des circulateurs grand public
 
 

Un pas faible est dans tous les cas le garant d’une température d’entrée plus basse et d’une plus grande homogénéité. Mais cela augmente les pertes de charge et on doit donc augmenter le diamètre.

Une note à propos de l’inertie : avoir une forte inertie n’est pas forcément un bon objectif en soit car il peut être désagréable en intersaison (trop froid au début de la saison de chauffe et trop chaud au printemps). Il y a donc lieu de trouver un compromis entre le besoin de stockage de calories à basse température et cet inconfort.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Dans un système à plusieurs murs on alimente en général tous les murs avec une seule pompe en passant par l’intermédiaire de clarinettes. C’est le mur le plus grand (avec la plus grande perte de charge) qui va, en fait, fixer la température d’entrée et de sortie. Pour réguler les autres murs on place des robinets d’étranglement qui limitent le débit, donc l’énergie échangeable et donc la température pièce par pièce :

J’ai finalement choisi d’utiliser un pas le plus faible possible soit 10cm (qui est le diamètre obtenu à la cintreuse). Le mur le plus ‘long’ nécessitait 80m de tuyaux ce qui m’a obligé à prendre non pas le plus petit diamètre mais celui juste au dessus (12x16) pour diminuer la perte de charge.
 
 
 
 

Les quatre circuits réalisés (dont un en angle) sont tous sur des murs intérieurs. C’est presque un principe de base en rénovation. On évite de mettre un mur chauffant sur un mur extérieur si on n’est pas sûr de son isolation.
 
 

Deux murs sont des cloisons en carreaux de plâtre (6cm). Ils chauffent chacun deux pièces (bureau+couloir & WC) et (Salle de séjour + Salle de bain).

Un mur est en polystyrène + ba13 (il s’agit d’un mur qui donnait au départ sur l’extérieur).

Un mur est en béton + plaque ba13 (Salle de séjour +WC).

Un mur en béton (Salle de séjour + cuisine).

Cela fait 5 murs ? Oui ! mais j’ai dit qu’il y en a un en angle…
 
 

La surface totale de murs (en comptant les deux faces lorsqu’il y en a) est de 30m2, la surface brute est de 22m2.

Les surfaces des pièces et murs, les besoins de chauffage et les performances estimées des murs sont résumés dans le tableau ci-dessous pour 3 températures extérieures différentes. Le calcul de performance est fait avec un débit de 320l/h, une perte de pression de 0.68HCE (en clair : un circulateur tout à fait ordinaire) et des températures d’entrée sortie de 38°/28°.
 
 

Température extérieure :
5°C
-5°C
-10°C
surface pièce m2
surface murs chauffants
énergie murs kWh/Jour
besoin chauffage kWh/Jour
couverture par les murs
besoin chauffage kWh/Jour
couverture par les murs
besoin chauffage kWh/Jour
couverture par les murs
salle de bain
6
3,5
8,4
4,0
>100%
6,9
>100%
8,4
>100%
séjour
24
10,0
34,6
33,9
>100%
58,1
60%
70,2
49%
bureau
12,5
10,0
22,4
11,7
>100%
20,7
>100%
25,2
89%
chambre
14
7,0
25,1
10,1
>100%
18,5
>100%
22,7
>100%

 Mis à part le séjour pour lequel l’isolation est insuffisante ainsi que le rapport surface chauffante/ volume pièce, les murs chauffants devrait largement couvrir mes besoins de chauffage même jusqu’à -10°C de température moyenne dans la journée. Je peux donc m’attendre à ce que les températures d’entrée-sortie soient plus petites dans la pratique (c’est le cas).

2.2 Quelques règles en vrac pour le dessin du serpentin

 

 
 
 

Pour obtenir une température homogène et des échanges efficaces,  le mur est à équiper d’un serpentin ‘horizontal’, l’eau chaude entrant en bas du mur et sortant (froide) en haut du mur.


 
 
 
 

Inutile de placer la première spire trop bas, à moins de vouloir chauffer la dalle. Commencer à 15-20cm du sol semble correct. Je n’ai pas voulu isoler thermiquement mon mur du sol avec une fine mousse :


 
 

De même il est inutile de monter des spires jusqu’au plafond. Au delà de 2m on va surtout chauffer le plafond où l’air chaud monte déjà naturellement. De plus, cela tombe bien : comment couler du plâtre jusqu’au plafond sans percer le plancher de l’étage supérieur ?
 
 
 
 

En général le tuyau de départ et de retour sortent du même côté : il faut donc un nombre de spires pair.
 
 
 
 
 
 

S’il y a des obstacles à éviter, essayer de répartir les tuyaux chauds et les tuyaux froids de part et d’autre de l’obstacle (voir figure)
 
 
 
 
 
 
 
 

J’ai posé les tuyaux horizontalement sans laisser de pente, je n’ai pas eu de problème de purge. La clarinette de retour est plus haute que les murs mais sans être le point le plus haut. Elle est équipée d’une purge qui n’a quasiment jamais servi.


 
 

Il semble indispensable (voir plus loin le § Pose d’étagère) de poser les tuyaux de façon à ce qu’ils soient facilement localisables après coup. Voici ce qui me semble à éviter :

Toujours au chapitre des choses à éviter : avoir des raccords noyés, le mieux est quand même d’avoir un tuyau d’un seul morceau.

 
 
 
 
 
 

3 Choix des différents matériaux

La figure ci-dessous représente les plans en coupe des murs réalisés

 
 
 
 

3.1 Tuyau

Raisonnablement, pour réaliser un mur chauffant on a le choix entre du PER simple ou du tube multicouche. J’ai choisi ce dernier pour les raisons qui suivent :


 
 

Le seul point qui m’inquiétait concerne les raccords qui sont normalement du type ‘à sertir’. J’avais trouvé une société qui louait la pince, ce qui aurait été une porte de sortie, mais en fait j’ai d’abord essayé les raccords ‘olive’. J’ai fait un test à 10 bars sans voir de problème.

Ce test fait, et sachant que ce n’est pas une installation soumise à de grandes (ou brutales) variations de température ni soumise à des coup de bélier, j’ai pris ce ‘risque’. Ceci dit les raccords sont tous accessibles (ou presque voir § Pose d’étagère) et remplaçables si cela devenait nécessaire.
 
 

3.2 Entretoises

Pour fixer des plaques de placo sur un mur il y a la méthode à l’ancienne, sur tasseaux de bois, ou la méthode moderne, sur profilés métalliques.
Pour l’application mur chauffant on utilise les trous régulièrement espacés du profilé pour faire passer le tuyau. Cela oblige à un exercice de couture qui ne m’a pas semblé simple du tout (c’est ce qu’a fait Erick Beaujard)

J’ai donc préféré utiliser des tasseaux que j’ai fraisés à intervalles réguliers avec une fraise boule et qui sont installés par dessus le serpentin (Voir schéma Choix des différents matériauxChoix des différents matériaux)

Les tasseaux sont placés verticalement environ tous les 45-50cm.
 
 

3.3 Placo

J’ai utilisé du placo marine (spécial pièces humides) parce que c’est ce qu’avait fait Erick Beaujard. Aucun remord à ce sujet ! C’est 40% plus cher mais avec le recul et les ennuis au moment du coulage je n’ai aucun regret. Si certains d’entre vous veulent faire des économies il faut savoir que le placomarine  est quand même beaucoup plus rigide (sec ou humide !) pour passer à du placo ordinaire je pense qu’il faudrait placer beaucoup plus d’entretoises (25 cm ?) et prévoir d’ajouter des pièce de rigidification à l’extérieur au moment de la coulée du plâtre.
Il y a deux risques :
J’ai utilisé des plaques de 60cm de large. Cela se manipule bien, je les ai utilisés ‘couchées sur le côté’ par rapport à l’utilisation classique. Une hauteur était remplie en 2 à 3 coulées.

 
 

3.4 Plâtre

On ne peut pas dire que c’était un matériau qui m’était familier, mais maintenant que j’ai pris quasiment une douche avec, j’ai un bon contact…

 
 

Le plâtre que j’ai choisi est un plâtre ‘multi usages’ de chez casto. Ce n’est pas le premier prix (plâtre à briqueter) mais le second. Cela s’est bien passé, c’est largement assez liquide pour qu’il n’y ai pas de poche d’air, et que cela moule le tuyau. J’ai fait un test préliminaire sur une maquette en bois pour m’en assurer.

Des chiffres que j’ai eu bien du mal à trouver :
 
 

Pour 1 litre d’eau il faut entre 1kg et 1,3kg de plâtre ce qui donnera 1.5 litre de produit (le plâtre ne se rétracte quasiment pas au séchage en tout cas de façon négligeable pour notre application).
 
 

Je gâchais 8 litres d’eau à la fois avec ?1/3 de sac. La méthode que j’ai utilisée est la suivante :

Pour qu’un plâtre reste liquide longtemps il faut :
Ceci dit c’est stressant mais si on ne fait pas de trop grandes quantités à la fois on a largement le temps d’agir avant que le plâtre soit inutilisable.

 
 

Au fait j’ai choisi le plâtre par manque d’imagination. Si vous voulez chercher autre chose voici le cahier des charges :

Sur le web j’ai vu des murs chauffants en cuivre (c’était en Suisse). Cela ressemblait à des panneaux solaires mais à l’intérieur.

 
 

3.5 Divers / outils

Le tube multicouche se découpe au coupe tube ou éventuellement au cutter.
Il faut une cintreuse si on a fait le choix d’un pas petit (<20cm).

J’ai donc eu besoin d’une défonceuse et d’une fraise à boulle pour les tasseaux.

Pour le plâtre : un truelle, une auge, et...  un vieux ciré jaune avec capuche  (ce dernier outil ne devrait pas être nécessaire si vous suivez les conseils prodigués (a posteriori) dans le § Réalisation et au § Quelques règles en vrac pour le dessin du serpentin!)
 
 

4 Réalisation

Passons maintenant au concret étape par étape, (je ne dis pas que c’est ce qui faut faire mais que c’est comme cela que j’ai fait)

4.1 Le film

  1. Dégagez le sol sur 4cm de large de tout ce qui peut gêner (moquette, parquet,…) et retirez le papier peint sur le mur le cas échéant, au moins partout où il ne tient pas

 
 


 
 
 
 

  1. Dessinez sur le mur  le serpentin à réaliser, surtout les tronçons ‘horizontaux’. Je l’ai fait à la règle à béton en joignant des points mesurés par rapport à la dalle.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  1. Posez des tasseaux aux extrémités latérales des zones à couvrir ainsi qu’autour des prises électriques et autres zones à protéger. Faire cela de façon très étanche, à l’aide de Rubson  (ou autre marque).  (voir image ci-contre)


 
 

  1. En partant de la clarinette côté chaud déployez le tuyau selon le dessin en le fixant provisoirement à l’aide de cavaliers pour gaine électrique par exemple (1 par mètre environ).

  2.  

     
     
     

    Sur les bords, les boucles peuvent êtres maintenue à l’aide d’un clou planté latéralement dans le tasseau puis replié par-dessus le tuyau :


 
 
 
 


 
 
 
 

  1. Fraisez tous les tasseaux nécessaires (1 pour 50 cm max) en même temps en les assemblant côte à côte avec des serre-joints (Evitez de fraiser les serre-joints…)

 
 
 
 
  1. Posez les tasseaux sur le mur (chevilles+vis) en vérifiant qu’ils appuient bien au sol. (Vous pouvez retirer les cavaliers pour une future utilisation). Finir de redresser les tuyaux pour qu’ils soient rectilignes




 
 

  1. Faire à ce moment un test d’étanchéité, après cela vous n’aurez plus (jamais) accès aux tuyaux.
  2. Pour la même raison c’est le moment de faire une photo ! N’hésitez pas au préalable à gribouiller le mur avec des cotes repérables par la suite.

 
 


 
 
 
 

  1. Posez horizontalement la première plaque de placo après l’avoir découpée aux dimensions requises (sans oublier les prises)
    1. ATTENTION : avant de poser la plaque déposez soigneusement un joint de la marque sus-citée (ou d’une autre) au sol, sur les tasseaux d’extrémité et sur les entourages de prises électriques.
    2. Vissez la plaque dans les extrémités et sur les prises
    3. Tracez des repères sur la plaque pour éviter les tuyaux (c’est là que cela commence) et vissez la plaque sur les tasseaux intermédiaire 1vis/10cm (une sur 2 peut être récupérée après séchage, au moins celles qui gênent à l’enduit…)




 
 
 


 
 
 
 

  1. Faite votre première coulée (grand moment…)  Si la dalle n’est pas parfaitement plane  (en clair si vous avez le moindre doute sur le joint entre la plaque et la dalle), commencez par une coulée de quelques cm (moins de 5) et attendez qu’elle prenne avant de continuer. Elle assurera l’étanchéité.

  2.  

     
     
     
     
     

    Rappel: 1 litre de plâtre liquide occupe ?3cm de haut par mètres de large avec des tasseaux de 27 mm.
     
     
     

    Pour les coulées je versais une partie du contenu de l’auge dans un petit saut (4-5 litres) et je versais le contenu du saut dans un déversoir ‘maison’. Ce déversoir doit être relativement costaud car il faut le laver à chaque gâchée.



 
 
 
 
 

Déversoir en action…

  1. Continuez jusqu’à arriver en haut de la plaque (plutôt un peu en dessous). Tapez sur la plaque avec le poing pour faire mieux couler le plâtre.  Prenez soins de ne jamais couler plus de 30cm de haut à la fois. 20cm se font en toute sécurité mais il faut être un peu plus patient, ce n’est pas la principale qualité de l’auteur. Sinon :

  2. A partir de 35-40cm le placo se gondole et cela rend les travaux d’enduit beaucoup beaucoup plus longs (en plus je n’aime pas cela). (pas de photos, j’ai honte)
    Au delà de 45-50cm, le placo se gondole tellement que le plâtre fuit et ce sont les travaux de nettoyage qui sont alors beaucoup beaucoup plus longs (si vous n’avez jamais vu du plâtre liquide sous pression c’est le moment. Promis ! c’est très impressionnant !). (pas de photos, ce n’était vraiment pas le moment !)

    Voilà, n’oubliez pas que 50cm de plâtre liquide pèsent plus lourd qu’un mètre d’eau : cela pousse très fort. Si vous avez gâché trop de plâtre jetez le, même si c’est le soir et que ‘ça allait être fini’ ! Vous gagnerez du temps : du plâtre jeté aux gravas ou sur votre carrelage, l’écologie est la même, c’est vous qui voyez !
    Nota : en procédant gâchée par gâchée, le plâtre a largement le temps d’avoir pris entre deux coulées pour pouvoir enchaîner et occuper « l’ouvrier » en permanence.

  3. Recommencez à partir du point 7 avec la plaque suivante et ce, jusqu’en haut. On devrait terminer avec une hauteur de plâtre d’au moins 5 cm au dessus de la dernière spire, 10cm seraient mieux.

  4.  

     

    A partir de là le mur est thermiquement opérationnel. Pour le mettre en chauffe, attendez 24h  si vous êtes patient…


 
 
 
 

  1. Terminez l’habillage du mur jusqu’au plafond (sans couler de plâtre) et en utilisant des plaques de placo ordinaires.

 
 
 
 
 
 
  1. Enduire et peindre : juste une note à ce sujet : s’il vous est possible d’attendre une période de non utilisation du mur pour réaliser ces deux étapes vous gagnerez du temps et de l’énergie. L’enduit et la peinture ont la fâcheuse tendance à sécher immédiatement au contact du mur chaud. Je crois que ce conseil doit être pris très au sérieux s’il s’agit de peindre avec une peinture brillante.

 
 
 
 
 
 
 
 
Et voila le travail, cele ne se voit même pas..

 
 
 

4.2 Pose d’étagère

 

 
 

« La pose d’étagère ne posera aucun problème, yaka faire gaffe où on fait les trous »

Voilà le discours convaincu et convainquant qu’il faut tenir à son conjoint pour emporter l’affaire avant de se lancer dans l’aventure…
 
 

Or donc, un beau samedi de Décembre, j’avais fini la peinture et je m’attaquais à remettre les étagères là où elles étaient avant. L’emplacement de l’engin ayant été déterminé je m’assure que la position des trous ne correspond pas à celle d’un tuyau. D’après les plans tout étais OK, 170cm cela tombe pile entre deux tuyaux. Une idée saugrenue me traverse l’esprit alors : celle de vérifier au détecteurs de métaux. Bizarrement cet engin me déclare que je suis quasiment en plein dessus et qu’il faudrait que je me bouge de 5cm en haut ou en bas… Je vérifie en plusieurs endroits et à mieux que le cm près il trouve le tuyau à la même hauteur.
 
 
 
 
 
 
 
 

Un ingénieur cela ne se refait pas : je décide de faire confiance à la technologie plutôt qu’au plan (de toutes façons c’était pile ou face).
 
 
 
 
 
 

Perceuse en main, le résultat a été pile … au milieu du tuyau :
 
 
 
 
 
 

Bien plus tard j’ai essayé de comprendre pourquoi ce con de détecteur de métaux m’avait planté (alors qu’il est d’une marque que l’on peut traduire par ‘habile’ à une lettre près).

En fait, en présence d’un tube multicouche (et d’un tube de cuivre mais c’est moins flagrant), le signal est maximum au dessus du tube mais aussi, et de façon plus intense, à 5cm de part et d’autre du tube. ±5cm d’erreur sur un pas de 10cm cela amène effectivement en plein dans le mille !


 
 





Tout ceci n’est pas tant pour me faire plaindre mais pour expliquer la réparation.

L’idée est de dégager le tuyau de part et d’autre du trou sur une bonne longueur, 30 cm en tout. A l’aide d’une scie sauteuse dans le sens parallèle au tuyau et d’un cutter dans l’autre sens, l’opération n’est pas trop complexe.

On coupe ensuite le tuyau des deux côtés du trou sur une largeur minimale à l’aide d’un cutter. C’est, en fait, le seul point délicat, il faut faire les deux découpes en même temps et éviter soigneusement de déformer le tuyau puisque l’on doit mettre ensuite un raccord olive. Le raccord olive posé, on commence par faire un contrôle d’étanchéité puis on laisse ‘en chaud’ histoire que le plâtre de la zone sèche quelque jours.
 
 
 
 
 
 

Ensuite j’ai recouvert le raccord d’un film plastique pour éviter d’éventuels problèmes de corrosion entre le plâtre et le raccord (?). Je l’ai ensuite entouré d’une petite épaisseur de polystyrène pour éviter les contraintes mécaniques (?). Bref, je lui ai montré toute mon affection (!). Le trou est ensuite rebouché au plâtre puis ré enduit.
 
 
 
 


 
 
 
 

De nouveaux trous sont percés…
 
 

Ailleurs et d’après le plan….
 
 

Et l’étagère est posée avec seulement une semaine de retard :


 
 
 
 
 
 
 
 
 

Conclusion : il vaut mieux éviter mais c’est tout à fait réparable. Pour éviter : suivre les conseils plus haut « Quelques règles en vrac pour le dessin du serpentin » (et jeter le détecteur de métaux !)


 
 

4.3 Les coûts

Tout compris les 22m2 de surface m’ont coûté un peu moins de 850€. Dont 300€ de tuyaux 220 de BA13marine et 200€ de plâtre, le reste pour l’enduit la peinture et la visserie. Soit 40 € le m2 de surface brute ou 30€ le m2 chauffé. Au passage j’ai coulé, en tout, un peu plus de 600 litres de plâtre…

 
 

Les quatre murs, hors finitions, m’ont pris 3 journées chacun tout compris pour arriver au stade ‘thermiquement opérationnel’ ce qui inclus les travaux sur la chaudière. Il faut une bonne journée de plus par mur pour les finitions.
 
 

Au passage, cela aurait été impossible pour un plancher chauffant : nous avons continué à vivre dans les pièces pendant les travaux.
 
 

5 Performances et autres chiffres

5.1 Gains

Dans la chambre et le bureau les radiateurs ont été supprimés, celui de la salle de bain a été très sérieusement diminué, un radiateur sur les deux a été supprimé dans la salle de séjour. Dans toutes ces pièces le confort (notion un peu subjective) est au moins égal à celui d’avant. Il a été nécessaire de déplacer le thermostat d’ambiance qui était trop influencé par les murs, du coup les autres pièces n’étaient plus chauffées…

 
 

Nota : le fait de supprimer les radiateurs représente un gain de place et une liberté supplémentaire pour disposer les meubles. Les murs chauffant n’augment l’épaisseur des murs que de 4cm et on reste libre d’y mettre ce que l’on veut (évitez quand même les tentures ou les grandes armoire normandes)
 
 

La température minimale d’utilisation du stock est passée en dessous de 30° alors qu’elle était au dessus de 40° avec les radiateurs. Cette diminution de température représente un gain de production des panneaux solaires compris entre 10 et 25% (selon l’éclairement).
 
 

Au passage les murs chauffants sont particulièrement silencieux par rapports aux radiateurs, même l’oreille collée contre le mur il faut être seul dans la maison pour entendre le circulateur.
 
 

Lorsqu’il fait 3° dehors la température d’entrée dans les murs est de 36° et celle de sortie de 28° en moyenne
 
 

5.2 Utilisation de l’inertie des murs

Le volume de mur chauffé représente 1800 litres de plâtre en incluant ce que j’ai coulé, les plaques de placo et les cloisons existantes.
La capacité calorifique massique du plâtre est de 830J/kg.K, la capacité calorifique volumique est de 1330 J/l.K (contre 4200 J/l.K pour l’eau).

Les murs réalisés forment donc un stock équivalent à 570 litres d’eau ce qui théoriquement augmente mon stock de 30% (1500 à 2100 litre).

C’est un raccourci un peu rapide dans la mesure où il n’est pas question de porter les murs à 50° (à moins de fantasmer sur les gens aux oreilles rouges).
 
 

10° stockés dans les murs représentent dans mon cas 6.5kWh (soit 13% de la production solaire un beau jour de Décembre Janvier) et donc un stock dont la température est diminuée de 10*570/1500=3.8°. Cela représente en gros 10% de moins sur l’écart de température extérieure capteurs. Sans être négligeable ce n’est pas là que le plus grand gain est à attendre.
 
 
 
 

6 Conclusion

Malgré quelques aventures ce chantier me semble très intéressant pour ce qui est des résultats obtenus.
Il reste 2 pièces au rez de chaussée qui ne sont pas chauffées de cette façon ce qui permettrait de retirer tous les radiateurs de cet étage. La question mûrit, le seul problème qui me freine est qu’il s’agit de murs extérieurs qu’il faudrait isoler différemment (par l’extérieur).

 
 

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